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Les tables de cuisson à induction ont mis plus de dix ans à s’installer dans les cuisines françaises. Elles ont vraiment commencé à faire leur apparition ces quatre dernières années. Les modèles actuels sont moins encombrants, plus puissants, moins fragiles et, aussi, moins chers.
       

Il y a déjà plus de vingt ans, l’idée —venue de Californie— avait été exploitée par des fabricants français. Mais la production n’a pas suivi, les appareils étaient encombrants, bruyants, fragiles et ces tables de cuisson coûtaient près de 3.000 euros (20.000 francs de l’époque !). Il a fallu attendre 1990 pour que l’induction soit re-commercialisée dans l’Hexagone.

Les débuts ont été timides. Mais aujourd’hui, alors que leur prix peut être inférieur à 800 euros, il se vend plus de 100.000 tables à induction par an. Il faut dire qu’entre temps, l’évolution des composants électroniques a fait baisser les coûts tout en améliorant la fiabilité de la technologie.

La miniaturisation des circuits électroniques, par exemple, leur résistance à la chaleur, l’amélioration des systèmes de radiateurs, tout cela a réduit l’encombrement des dispositifs. Résultat : les tables à induction ne sont plus des appareils "hors normes". Elles s’installent et s’utilisent comme les autres tables de cuisson.

Les possibilités et les avantages de l’induction constituent à présent une force de proposition intéressante : c’est la méthode de cuisson la plus rapide, la plus précise et la plus sûre. «L’induction est devenue la technique de cuisson la plus performante du marché»,
estiment les spécialistes.

Un peu de technique

L’échauffement de la casserole s’obtient pas un courant induit par un générateur (une bobine de cuivre dans laquelle circule un courant électrique à très haute fréquence). Placée dans le champ électromagnétique créé par le générateur, une casserole en métal conducteur s’échauffe car le courant y circule en circuit fermé.

Il n’y a ainsi aucune transmission de chaleur par conduction (contact) ni par rayonnement, comme cela se passe lorsqu’un récipient est posé sur une plaque électrique, un foyer radiant, halogène ou un feu gaz. Conséquence : la surface de la table de cuison reste tiède et les salissures ne s’y collent pas, ce qui la rend plus facile à nettoyer. Les déperditions d’énergie sont également réduites.

D’autre part, comme le récipient réagit instantanément à la moindre variation d’intensité, la chaleur peut être dosée avec une précision "scientifique", même à très basse température (sans nécessité de bain-marie). Le réglage par touches sensitives est d’autant plus précis que le nombre de positions est grand (jusqu’à 17).

Cependant, seuls les matériaux contenant une certaine densité de fer fonctionnent sur l’induction (acier émaillé, fonte, inox ferreux, aluminium avec un fond ferromagnétique). Un aimant permet de vérifier la compatibilité de la casserolerie. Les fabricants d’ustensiles ont aussi créé la mention "Class Induction" pour signaler les récipients les plus performants qui répondent à des critères exigeants.

Des conseils nécessaires

Perfectionnements d’un côté, concurrence et prix en baisse de l’autre, cela donne une nouvelle impulsion à ces appareils arrivés à maturité. L’engouement actuel pour les nouvelles technologies joue sans doute aussi un rôle moteur dans le succès de ce produit "high-tech".

Les ventes de tables à induction pourraient même grimper encore plus vite si leurs avantages étaient mieux connus. C’est pourquoi les fabricants ont commencé à prendre des initiatives pour expliquer ce système de cuisson. Car 40 % des consommateurs déclarent ne pas connaître l’induction : beaucoup les confondent avec les tables vitrocéramiques à foyers radiants et halogènes.

Même si leurs prix se sont assagis, les tables de cuisson à induction restent donc des appareils électroménagers de standing dont l’achat nécessite les conseils d’un spécialiste.

 


Il existe des tables à induction de grande largeur, comme ce modèle T 4872 N de Neff (80 cm). Au centre de ses quatre inducteurs indépendants, il est doté d’un chauffe-plat.


Après une première tentative infructueuse pour lancer l’induction en France en 1979, le pionnier Scholtès est aujourd’hui bien placé sur ce marché avec un système de ventilation exclusif dont profite ce modèle Galbe TIG 444.


Pour allier les avantages des deux modes de cuisson (et pour rassurer des consommateurs peu avertis), certains fabricants proposent des modèles mixtes induction et gaz, comme ce Lectra VIG 42 de Rosières.


Outre son design épuré, à bords biseautés, la gamme Induction + d’Arthur Martin Electrolux se caractérise aussi par ses quatre foyers indépendants. Ils permettent d’oublier le dosage de
puissance à réguler entre deux foyers couplés.

 


On a qualifié l’induction de "chaleur froide" pour signifier que la table de cuisson reste froide alors que le récipient chauffe. En réalité, ce dernier transmet quand même sa chaleur à la table par conduction (Photo Küppersbusch).


La table à induction SED 32 de Sauter n’a que trois foyers, mais l’un à un diamètre de 22 cm et le plus grand —le foyer Amplitude— atteint même 28 cm !

 

 

 

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